Un prince sans couronne : redécouvrir Max Nordau à travers la plume de Jonathan-Simon Sellem
Bâle, août 1897. La salle du premier congrès sioniste mondial vibre d’effervescence. Theodor Herzl, silhouette noire, barbu et visionnaire, prononce un discours qui bouleversera l’histoire juive. Mais à ses côtés, un autre homme frappe les esprits : Max Nordau. D’une voix forte, il tonne contre l’antisémitisme européen, dénonce les humiliations infligées aux Juifs, et exhorte à l’union. Ce soir-là, certains murmurent qu’il est plus prophète que son maître. Herzl lui-même dira : « Si je suis le cœur du sionisme, Nordau en est le cerveau. »
C’est ce personnage oublié, ce géant discret de l’histoire juive moderne, que Jonathan-Simon Sellem ressuscite dans Max Nordau, le Prince d’Israël. Un titre audacieux — presque provocateur — pour un ouvrage qui mêle rigueur historique et souffle littéraire, biographie et manifeste.
Longtemps, Max Nordau est resté une énigme : médecin célèbre, sociologue fulminant, écrivain à succès, et finalement sioniste fervent. Sellem réussit là où tant ont échoué : rendre intelligible la trajectoire d’un homme qui vécut plusieurs vies, toutes traversées par une même obsession — redonner sa dignité au peuple juif.
L’auteur, historien et journaliste franco-israélien, ne se contente pas de compiler des archives. Il interroge l’âme de Nordau, relit Dégénérescence, cet ouvrage féroce contre la décadence morale de l’Europe fin-de-siècle, et montre comment l’intellectuel juif en est venu à la conclusion que seule une souveraineté politique sauverait les siens.
À travers une narration rythmée, Sellem nous entraîne dans les coulisses des congrès sionistes, dans les correspondances fiévreuses avec Herzl, dans les salons littéraires de Vienne ou de Paris. Mais surtout, il éclaire la pensée de Nordau : sa défense du judaïsme comme civilisation, son refus du renoncement, sa lucidité visionnaire face aux périls d’un antisémitisme déjà moderne.
L’écriture est limpide, fluide, parfois presque romanesque. Sellem restitue l’émotion d’une époque, sans jamais céder au pathos. Il campe un Nordau de chair et de sang, tourmenté, brillant, combatif. Et il pose en filigrane une question cruciale : pourquoi avons-nous laissé tomber dans l’oubli un homme dont la pensée éclaire encore les défis du présent ?
Max Nordau, le Prince d’Israël n’est pas une biographie parmi d’autres. C’est un acte de mémoire. Un rappel que l’histoire du sionisme n’est pas faite que de fondateurs barbus ou de soldats héroïques, mais aussi de penseurs exigeants, d’analystes implacables, de poètes de la lucidité.
À l’heure où l’identité juive est, une fois encore, mise au défi, ce récit résonne comme une nécessité. Pour comprendre. Pour transmettre. Pour agir.
Ce livre explore cette histoire, et la connecte au présent et à l’actualité, en la faisant résonner chez le lecteur.
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